À PROPOS

Il est difficile de comprendre la douleur chronique et ses effets à long terme sur celui qui en souffre et ses proches. La douleur enferme, la douleur étouffe. La douleur rend fou. C’est une obsession qui vous prend la tête, constamment, une fixation qui vous empoisonne l’esprit, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Traiter la douleur chronique est une bataille longue et coûteuse. Pour nous, depuis 2012, ce combat se chiffre à plus de 60 000 $ : médicaments, examens, consultations, équipements spécialisés, frais de toutes sortes... Toutes nos économies y sont passées.

Pour bien des gens qui en souffrent, la douleur chronique est une maladie qui se vit dans la culpabilité, l’isolement et malheureusement, le silence. Anne considère que les malades souffrant de douleur chronique sont restés trop longtemps sans voix. Elle veut être, parmi d'autres, une voix pour sensibiliser le public à leur réalité.

Gilbert : l'amoureux proche aidant

Douleur chronique : un mal... mal compris

« Une personne sur cinq et trois aînés sur quatre en souffrent. [...] La douleur chronique force à renoncer à ses loisirs, à son métier ou à ses projets de retraite. » Pour la plupart des professionnels de la santé, la douleur chronique n'est pas une maladie en soi, elle n'est qu'un symptôme. Quatre années de douleurs incessantes nous ont convaincus du contraire. La douleur chronique n'est pas le symptôme d'une maladie, elle est la maladie  : « On peut comparer la douleur chronique à une sonnette d’alarme qu’on ne parviendrait plus à éteindre. Ainsi, la douleur persiste... pour rien. »

Soigner la douleur chronique est un vrai défi. « Idéalement, le traitement devrait être multidisciplinaire. Un plan de gestion de la douleur chronique devrait comprendre non seulement des médicaments, mais aussi des thérapies physiques et des psychothérapies. » Hélas, dans le système public de santé, les ressources sont rares et les listes d'attente, interminables. « On n’en parle jamais comme d’une grande priorité en santé. On manque de porte-paroles, de traitements efficaces, d’argent pour les rendre accessibles... » Désespérés d'attendre, le malade et ses proches n'ont d'autre choix que de chercher eux-mêmes une solution, avec les essaies, les erreurs, les faux espoirs... et l'endettement que cela implique.


Anne St-Denis

Le 23 janvier 2012, la vie d'Anne a basculé. Son corps a déclaré forfait et la douleur chronique s'est installée, de la tête aux pieds. Bouger est devenu un cauchemar lancinant et danser, un souvenir douloureux.

Une carrière sous le signe de la communication

Trente années durant, Anne a enseigné aux femmes le stretching-danse. Forte d'une formation en ballet classique et danse moderne, elle a entrepris sa carrière de pédagogue à l’âge de 15 ans. Elle a successivement enseigné dans les centres communautaires, les écoles, les milieux du sport professionnel (RIO, CEPSUM), de la santé (Institut de Cardiologie de Montréal, Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal) et de l'enseignement supérieur (Université de Montréal). Au début des années 2000, Anne dirigeait sa propre école. Enseigner était sa passion, une passion que ses élèves lui rendaient bien. Ses classes remportaient un franc succès, année après année. Anne a un message d'espoir à transmettre à ceux qui souffrent de douleur chronique. Un message d'autant plus fort qu'il s'appuie sur une expérience vécue alliant courage, résilience, et une irrésistible soif de vivre.